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Le Nutriscore et les applications de notation des aliments

Chercher le NutriScore et scanner ses aliments est devenu la norme au supermarché

Aujourd’hui, 93% des Français connaissent le NutriScore. Mais savez-vous comment il est calculé et comment l’utiliser ? Maju vous explique à quoi il sert, ses limites et les alternatives pour décrypter son alimentation.

A quoi correspond le NutriScore ?

En quoi consiste le NutriScore ?

Le NutriScore est un logo apposé sur les produits alimentaires, visant à aider les consommateurs à faire de meilleurs choix nutritionnels.

Ce système d’étiquetage a été conçu pour permettre aux consommateurs de comprendre rapidement l’intérêt nutritionnel d’un produit et de comparer les aliments entre eux.

Composé d’une échelle à 5 couleurs, il indique une lettre : du NutriScore A, en vert foncé, correspondant aux produits les plus favorables sur le plan nutritionnel, au NutriScore E, en rouge, pour les moins favorables. [1]

 

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Comment est apparu le NutriScore ?

L’apparition du NutriScore en France découle de la Loi de modernisation de notre système de santé, visant notamment à renforcer la prévention et la promotion de la santé. [2] Et pour cela, la loi prévoit la recommandation d’un système d’étiquetage nutritionnel simplifié et graphique, compréhensible par tous.

Les différents acteurs (scientifiques, consommateurs, industriels…) se sont alors concertés pour réfléchir à ce mode d’étiquetage et ont suggéré une évaluation en conditions réelles d’achat. Cette dernière avait pour objectif de constater les effets des systèmes d’étiquetage sur les choix alimentaires des consommateurs.

Quatre systèmes de scores nutritionnels ont alors été testés en 2016 :

Le NutriScore fait partie des 4 systèmes d’étiquetage nutritionnel testés

  • Le NutriScore
  • Le SENS (Système d’Etiquetage Nutritionnel Simplifié) : recommandant la fréquence de consommation
  • Le Nutri-Repère : représentant la contribution du produit en nutriments à limiter
  • Les « Traffic Lights » (ou Nutri-Couleurs) : ajoutant au Nutri-repère un code couleur

Les résultats de l’évaluation en conditions réelles en supermarché étaient les suivants [3] :

  • Tous les systèmes, à l’exception du Nutri-Repère, avaient un effet significatif, incitant les consommateurs à acheter des produits plus favorables pour leur santé (en termes de composition nutritionnelle)
  • Ces effets étaient surtout significatifs chez les consommateurs achetant les produits les moins chers, en particulier pour le NutriScore

C’est pour cette raison que le NutriScore a été sélectionné comme système d’information nutritionnelle complémentaire à privilégier.

Apposé sur des produits alimentaires depuis 2017, 93% des consommateurs connaissent aujourd’hui le NutriScore, selon une étude de Santé Publique France. [4]

NutriScore A, B, C, D ou E… que choisir ?

Le NutriScore peut être un coup de pouce pour mieux manger, à condition de suivre quelques conseils.

Tout d’abord, le NutriScore ne suffit pas à manger équilibré. En effet, l’équilibre alimentaire se construit avec l’ensemble des groupes d’aliments, en suivant les fréquences de consommation recommandées et en variant le choix des aliments consommés au sein de ces groupes. Le NutriScore doit donc être couplé aux recommandations sur l’alimentation afin de manger équilibré.

Ensuite, le NutriScore doit être utilisé pour comparer des produits équivalents :

  • Le même produit de marques différentes : en particulier pour les aliments transformés, comme les plats préparés (une pizza peut avoir un NutriScore B, C ou même D par exemple)
  • Les différents aliments d’un même rayon ou d’un même groupe alimentaire : par exemple, les biscuits
  • Des produits ayant la même « fonction » : par exemple, pour le dessert, lorsque vous hésitez entre un clafouti et une crème au chocolat

En effet, le NutriScore n’a pas vocation à exclure d’aliments de l’alimentation : les aliments les moins bien notés doivent simplement être consommés avec modération, mais avoir un NutriScore D ou E ne signifie pas qu’ils sont mauvais pour la santé.

Bon à savoir : Le NutriScore n’est pas obligatoire sur les produits alimentaires. En effet, la réglementation sur l’étiquetage a été homogénéisée en Union Européenne pour permettre une libre circulation des marchandises. Le NutriScore ne peut donc être rendu obligatoire en France que si toute l’Union Européenne y est soumise, afin d’éviter une concurrence déloyale.

Toutefois, si un industriel français décide d’afficher le NutriScore sur un produit, il doit l’afficher sur l’intégralité de ses produits, et pas seulement sur ceux ayant un bon NutriScore.

Comment calcule-t-on le nutriscore ?

Le NutriScore repose sur un calcul :

  • D’une part, les nutriments à limiter (défavorables): calories, quantités d’acides gras saturés, sucres et sel
  • D’autre part, les nutriments et aliments à favoriser: quantité de fibres, de protéines, pourcentage de fruits et légumes (mais aussi légumineuses, fruits à coque, huiles d’olive, de noix et de colza)

Pour chaque élément évalué correspondra un nombre de points. On additionne les points défavorables, auxquels on soustrait les points favorables : ce score correspond alors à une note du NutriScore (A à E).

Quelles sont les limites du nutriscore ?

Le nutriscore n’est pas gage d’équilibre alimentaire

Choisir des aliments ayant un bon NutriScore n’assure pas de manger équilibré. Si vous décidiez de ne plus consommer que des aliments portant un NutriScore A ou B par exemple, votre alimentation serait déséquilibrée et apporterait sûrement de la frustration : plus d’huiles végétales (indispensables au fonctionnement neurologique, entre autres), plus de fromage, plus de dessert… pas le meilleur moyen pour bien se nourrir sur le long terme, tout en maintenant le plaisir !

Il est donc nécessaire d’associer les recommandations sur l’équilibre alimentaire à l’utilisation du NutriScore.

Le nutriscore est calculé pour 100g d’aliment

La seconde limite du NutriScore est que celui-ci est calculé sur une base de 100g d’aliment et non à la portion. Et bien que les portions usuelles conseillées par les industriels ne soient pas toujours représentatives des quantités réellement consommées (comme les 30g pour les céréales pour petit-déjeuner par exemple 🙃), il est évident que calculer le NutriScore pour 100g pose question. En effet, s’il est possible de consommer 100g de pâtes, il est beaucoup plus difficile de consommer 100g d’huile.

Le consommateur peut alors penser qu’un aliment avec un NutriScore A peut être mangé à volonté, alors qu’un aliment au NutriScore E doit être complètement évité.

Le nutriscore ne concerne que l’aspect nutritionnel

Le NutriScore n’évalue que la teneur en nutriments et en fruits et légumes. Par conséquent, les additifs et les procédés de transformation successifs qui peuvent modifier les effets des nutriments dans l’organisme ne sont pas pris en compte.

Une étude réalisée en 2019 rapporte d’ailleurs que parmi les aliments ayant un NutriScore favorable (NutriScore A ou B), 51% sont des aliments ultra-transformés. [5]

De nombreuses études associent aujourd’hui la consommation d’aliments ultra-transformés aux maladies de civilisation (diabète, surpoids, cancers…). [6, 8] Pour certains industriels, améliorer le NutriScore de leurs produits induit pourtant de faire appel à des additifs ou de transformer davantage le produit.

Par ailleurs, lors de l’étude en conditions réelles (en 2016), 28% des répondants pensaient qu’un NutriScore A ou B, donc de couleur verte, signifiait que le produit était issu de l’Agriculture Biologique. [4] Avec l’accroissement de la notoriété du NutriScore, il est possible que cet effet se soit estompé.

Les cas particuliers du Nutriscore

Plusieurs catégories d’aliments ont un mode de calcul différent du cas général : les matières grasses, les fromages et les boissons.

Dans le cas des boissons, seule l’eau peut disposer d’un NutriScore A. Pour obtenir un NutriScore B, il ne faut ni sucre (même naturellement présent), ni calorie dans le produit. C’est ainsi que les sodas sans sucres (aux édulcorants), pourtant symboles de l’ultra-transformation, obtiennent un NutriScore B. En revanche, des boissons plus naturelles comme des infusions légèrement sucrées ou des smoothies, obtiennent, au mieux, un NutriScore C.

Enfin, il n’est pas recommandé d’apposer le NutriScore sur des produits alimentaires destinés à une alimentation particulière. C’est notamment le cas des aliments pour les enfants de moins de 3 ans, pour lesquels le calcul du NutriScore n’est pas du tout adapté et favoriserait des conduites alimentaires délétères.

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Les applications de notation des aliments

Au-delà du NutriScore, de nombreuses applications et scores ont fleuri pour évaluer les aliments.

Yuka, la plus téléchargée

Parmi les applications de notation, la plus célèbre et la plus utilisée est Yuka. Yuka évalue les produits alimentaires sur une échelle allant de 0 à 100, 100 étant la note maximale.

Pour la méthodologie du calcul, la répartition se fait ainsi [7] :

  • 60% de la note est basée sur le calcul du NutriScore
  • 30% de la note sur la présence d’additifs
  • 10% de la note pour évaluer si l’aliment est issu de l’Agriculture Biologique

Cette répartition des points donnés par Yuka ne repose pas sur une quelconque étude scientifique, mais sur un modèle arbitraire.

Bon à savoir : la provenance biologique d’aliments ne garantit pas l’absence de pesticides dans celui-ci. En effet, l’Agriculture Biologique en limite fortement l’utilisation, mais la pollution des sols en pesticides étant longue à disparaître, il est possible de retrouver des traces de pesticides dans les produits. L’Agriculture Biologique ne garantit pas non plus une meilleure qualité nutritionnelle des produits mais assure un meilleur respect de l’environnement.

Par ailleurs, la note donnée par Yuka souffre des mêmes limites que le NutriScore, et notamment la notation aux 100g et non à la portion.

D’autres applications de notation des aliments existent également : Open Food Facts (d’où Yuka tire une partie de ses données), Scan’Up…

Siga et Nova, les scores de transformation des aliments

Qu’est-ce que les aliments ultra-transformés ?

Les aliments ultra-transformés (ou AUT) sont des aliments ayant subi de nombreuses transformations, les éloignant de leur matrice initiale. Souvent reconstitués avec des fractions isolées d’aliments (par exemple, le lactosérum du lait ou le gluten du blé), des additifs… ils ne ressemblent plus en rien à l’aliment de base.

Aujourd’hui, les aliments ultra-transformés sont accusés de nombreux maux, comme l’augmentation des maladies de civilisation (obésité, cancer…) [8], mais la recherche peine encore à en identifier la cause exacte. Dans les différentes pistes creusées, on retrouverait les effets des additifs et des contenants alimentaires (notamment en plastique), en agissant sur :

  • L’inflammation
  • Le microbiote intestinal
  • Le système endocrinien
  • La santé cardiovasculaire…

Le score Nova

La classification NOVA sépare en 4 catégories les aliments :

  • NOVA 1: les aliments non ou peu transformés. On y retrouve les aliments bruts et leurs dérivés séchés, fermentés, broyés, pasteurisés ou congelés
  • NOVA 2: les ingrédients culinaires. Dans ce groupe se trouvent les ingrédients qui ne sont en général pas consommés seuls, et obtenus à partir du pressage, séchage et raffinage d’aliments naturels (sel, sucre, huile…)
  • NOVA 3: les aliments transformés. Ici, les aliments alliant des ingrédients des groupes 1 et 2, obtenus par des procédés simples (conserves de légumes, fromage, pain…)
  • NOVA 4: les aliments ultra-transformés. Ces aliments utilisent de nombreux ingrédients, souvent des additifs, et ont nécessité plusieurs étapes de transformation (barres chocolatées, sodas, saucisses, soupes en sachet…)

La classification NOVA est notamment utilisée dans la recherche, mais ne permet pas toujours une classification « fine » du degré de transformation des aliments.

Le score Siga

Siga est une entreprise française ayant créé un score permettant une distinction plus précise, entre les produits transformés, que la classification NOVA.

L’indice Siga différencie, au sein des aliments transformés et ultra-transformés, les aliments équilibrés et les aliments dits « gourmands ». Ce score permet donc d’associer l’aspect nutritionnel au degré de transformation. [5]

Bon à savoir : L’application Siga permet de scanner les produits et d’obtenir facilement leur score de transformation, sur le même principe que Yuka.

 

Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans le vaste choix d’aliments et les nombreux systèmes de notation, parfois anxiogènes. Il est toutefois important de ne pas perdre de vue que l’équilibre alimentaire se fait sur la durée.

Bien que les recherches en nutrition évoluent constamment, il est aujourd’hui possible d’affirmer quelques principes clés pour une alimentation de qualité :

  • Je mange de tout, en quantités raisonnables et adaptées à mes besoins
  • Je varie mon alimentation au maximum, je mange de saison
  • Je favorise le fait maison et les produits bruts

Je prends mon alimentation en main simplement avec maju !

 

Propos écrits par Amanda Huguet-Millot, Diététicienne-Nutritionniste et Ingénieure en Alimentation & Santé

Sources :

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